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Gerkens à la rescousse de l’Agence

Martin Buxtant - La Libre Belgique - 3 septembre 2008

mercredi 3 septembre 2008, par Muriel Gerkens


L’Ecolo pointe les améliorations récentes du fonctionnement de l’Agence de contrôle nucléaire. Et harponne les socialistes Magnette et Lizin. Figure de proue du groupe "sécurité nucléaire" du Parlement, l’Ecolo Muriel Gerkens revient sur l’incident de Fleurus.

En avril 2007, le groupe "sécurité nucléaire" a émis des recommandations à l’adresse de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire. Quelles étaient-elles ?

ll n’y avait pas de transmission d’information, on séparait les services normatifs qui établissent les critères de contrôle des services de gestion. Il n’y avait aucune harmonisation sur les exigences de contrôle. Les ASBL inspectaient avec des normes différentes. Certains dossiers n’étaient pas traités équitablement. Aucun travail n’avait été fait pour recenser et répertorier le matériel radioactif...

Votre rapport a-t-il été suivi d’effets ?

Oui. Suite à notre rapport, il y a eu un changement de direction à l’Agence et le fonctionnement s’est amélioré. Répertorier les lieux de radioactivité, ce travail est en cours et est prioritaire. Mais cela prend beaucoup de temps. Quant à Telerad, le système des balises, nos recommandations n’étaient pas très claires. J’ai plaidé pour que l’Agence fédérale s’approprie toute la technologie et la gérance de ce système-là en lieu et place de sociétés privées. On ne m’a pas suivie malgré les déficiences du système...

Pour vous, dans le cas de Fleurus, l’Agence n’est pas à mettre en cause.

Les responsables de l’IRE sont en cause : ils n’ont pas intégré la nécessité de vigilance avec la technique nucléaire. Peut-être que l’Agence aurait dû être plus stricte sur la vérification des balises et sur la communication des informations vers l’Agence. Mais il faut que tout le monde admette que depuis notre rapport, le fonctionnement de l’Agence s’est amélioré.

Pourtant, le ministre Paul Magnette demande des sanctions à l’encontre de l’Agence...

Ils sont un peu énervants ces gens-là ! Moi, il a fallu que je pose des questions pendant deux ans pour qu’on daigne mettre en place un groupe de travail parlementaire sur le nucléaire. Et tous ceux-là, ils se foutaient royalement de ces questions et m’envoyaient péter... Là, Paul Magnette essaye de se rattraper : quand on s’est aperçu qu’il y avait un problème, il a foncé à l’IRE pour dire que tout était en ordre. Deux heures après, il a dû changer d’avis parce que l’Agence disait qu’il y avait effectivement un gros problème avec l’iode... Je trouve que cette attitude n’est pas très correcte ! De la même manière, Anne-Marie Lizin qui monte au créneau, c’est absolument ridicule. Quand elle avait fait sortir une source de radioactivité hors de Tihange pour prouver que les balises Telerad ne fonctionnaient pas et que l’Agence de contrôle nucléaire ne maîtrisait pas les outils de détection, elle savait pertinemment bien que tout le système avait été mis out par le ministre de l’Intérieur afin d’éviter le problème du bug de l’an 2000. C’est très limite comme pratique...


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