mercredi 11 février 2009, par Muriel Gerkens
Ce mal nommé « Forum nucléaire » regroupe des constructeurs nucléaires (le français Areva et l’américain Westinghouse) et les producteurs nucléaires présents sur le marché belge (le français GDF Suez, par le biais de sa filiale Electrabel, et la SPE). Ces entreprises réalisent actuellement des profits gigantesques (1 milliard d’euros par an) grâce aux bénéfices générés par des centrales désormais amorties grâce à la contribution substantielle des consommateurs, qui ont pendant des années payé un surcoût sur le prix de leur kWh. Les risques et la gestion des déchets qui resteront radioactifs des centaines de milliers d’années demeurent eux à charge de la collectivité. C’est peu dire qu’il y a là une répartition des charges et des bénéfices inéquitable.
À côté des entreprises privées du secteur associées à cette campagne spectaculaire se retrouvent également des organismes tels que l’Institut national des Radioéléments (IRE) de Fleurus, le Centre d’Etude de l’Energie Nucléaire (CEN) de Mol et Belgoprocess, une filiale à 100 % de l’Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (ONDRAF). Il s’agit là d’institutions entièrement ou partiellement publiques, et en tout cas sous tutelle publique.
L’usage d’argent public pour financer cette campagne de propagande du secteur nucléaire est un scandale démocratique. Nos députés Muriel Gerkens et Philippe Henry interpellent cette semaine le ministre fédéral Paul Magnette à ce sujet.
Pour être complet, signalons encore que Synatom, une filiale d’Electrabel (GDF Suez), est également membre du « Forum nucléaire ». Il est tout aussi inacceptable que cette entreprise, qui gère les provisions constituées pour le démantèlement des centrales nucléaires belges ainsi que pour la gestion de leurs déchets radioactifs, participe à une campagne pour reporter la fermeture desdites centrales.
Pour Ecolo, cette opération apparaît d’abord comme un exercice illégitime de relations publiques d’une industrie en perte de vitesse qui se cherche envers et contre tout un avenir. Actuellement, seuls deux nouveaux réacteurs sont en construction en Europe (deux centrales de 1.600 MW en Finlande et en France). Le montage financier des ces nouveaux réacteurs est difficile et les opérateurs accumulent déjà des retards de construction de plusieurs années. A titre de comparaison, plus de 8.000 MW de nouvelles capacités éoliennes ont été installés en Europe l’an dernier.
Pour Ecolo, le nucléaire n’est et ne peut être la solution d’avenir. Non par obstination idéologique mais parce que de très nombreux critères objectifs démontrent que, nonobstant le rôle limité que cette énergie aura joué dans l’histoire récente, elle n’est pas en mesure de répondre aux mutations fondamentales auxquelles nos sociétés doivent faire face au cours de ce siècle.
Et aussi http://www.ecoloj.be/ForumNucleaire-be-Bel-exemple-de
Photo (cc) Elbisreverri